1931. Les tensions en Europe s'aggravent. Le fascisme est de plus en plus présent..
 
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 Bon appétit, Madame la Directrice !

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Laura K. Nakajima
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MessageSujet: Bon appétit, Madame la Directrice !   Jeu 11 Juil - 23:11

Laura s’ennuyait. Beaucoup. Trop, même. Elle était en train de se tourner encore et encore dans son lit, triturant sans cesse un élastique qu’elle avait au poignet lorsqu’elle s’ennuyait. Que faire ? Elle n’avait pas cours avant deux bonnes heures et Jasper était de sortie avec le nouvel élève. Il devait lui faire découvrir le Pensionnat et l’intégrer aux cours, lui donner des tuyaux pour s’y retrouver et connaitre les meilleurs endroits. Lorsque Jasper lui avait raconté cela, Laura avait sauté au plafond tant elle était heureuse. Un nouvel ami ! Quelqu’un avec qui faire des bêtises, avec qui s’amuser ! Certes, quelqu’un de bizarre au premier abord, mais il avait l’air gentil. Apparemment, il avait plus ou moins le même âge que son frère mais était un peu… étrange. Un peu… Beaucoup même. Et côtoyer Jasper n’allait certainement pas l’aider à ne pas être plus fou qu’il n’avait l’air de l’être déjà maintenant, quoi que… S’il ne restait pas trop avec lui, peut-être allait-il y échapper. Peut-être. Mais rien n’est moins sûr. Mais bon, Laura l’aimait quand même, c’était son grand frère et elle ne s’ennuyait jamais avec lui. Pas comme maintenant, en gros.

Elle avait envie de faire une bêtise. De se distraire, de se changer les idées, de s’occuper pendant les deux heures qu’il lui restait. Une bêtise. Une toute petite bêtise bien drôle comme Jasper savait les faire. Allez, concentrons-nous. Plissant les yeux, se concentrant, se pinçant les lèvres comme si elle fouillait dans son cerveau, Laura se redressa et se mit en position d’indienne sur son lit en manquant de se cogner la tête contre les barreaux. Tant pis, c’était pas grave, elle cherchait juste une idée. Une petite idée, un éclair de génie. Elle imaginait déjà une ampoule au-dessus de sa tête, comme au-dessus de la tête d’un personnage dans les dessins animés lorsqu’ils avaient une idée. Mais pas moyen ! Comment il faisait, son grand frère, pour trouver des idées aussi vite ? C’était impossible, il devait avoir un truc ! Elle resta assise comme cela pendant un bon moment, une demi-heure peut-être, ou une heure, elle n’en savait rien. Une idééééeee ! Quelque chose, n’importe quoi ! Laura sentit alors un poids à côté d’elle l’enfonçant dans le matelas et un murmure près de son oreille :

Jasper – Envie d'une grosse bêtise qui bouleversera une vie mais la rendra plus heureuse que jamais, frangine ?

Jasper ! Il arrivait pile au bon moment, lui ! Rouvrant les yeux, serrant son frère dans ses bras, elle lui répondit avec un regard pétillant :

Laura – Oui ! Oui, oui, oui ! Je m’ennuiiiiie ! C’est quoi, cette fois ?

Jasper lui expliqua toute son idée : celle qu’ils avaient depuis le début de l’année, en gros. Ils en rêvaient, de cette bêtise, et voilà qu'ils pouvaient enfin la faire ! Jasper lui parla du produit qu’il avait piqué lors de son dernier cours de sciences, en cachette. Produit qui allait leur permettre de mettre leur plan à exécution. Laura sauta sur ses pieds, manquant une fois encore de se cogner tandis que Jasper l’entrainait déjà vers la première étape de leur prochaine bêtise : les cuisines. Ils devaient y aller sans se faire repérer, surtout avec le flacon bleu roi que son frère avait entre ses mains. La perle qu’ils cherchaient depuis des semaines, ne sachant pas comment mettre leur plan à exécution. Laura trépignait d’impatience, elle avait du mal à rester silencieuse cette fois, elle voulait voir les réactions ! Oui, d’habitude, elle essayait de calmer son frère, de le freiner mais… Ici, ce n’était pas bien méchant et cela promettait d’être drôle. Et puis, ils auraient des vacances ! Pas de cours et tout le blabla, plein de bêtises en perspectibe ! Heu… Perspectaf. Perspective… Zut, quoi, plein de bêtises pour les prochains jours.

Ils couraient dans les couloirs, se cachant dès qu’ils le pouvaient. Après quelques minutes de course effrénée, ils arrivèrent au réfectoire. Bon, maintenant, c’était plus dur. Ils entrèrent et se cachèrent sous les tables, avançant discrètement jusqu’à la cuisine. Lorsque quelqu’un en sortit avec un plateau qui roulait avec les premières assiettes, Laura et Jasper s’y faufilèrent. Par chance, ils n’étaient pas très grands. Une fois dans les cuisines, Jasper lui indiqua de ne faire aucun bruit pour qu’ils puissent écouter. Ecouter ? Mais écouter quoi ? Quelques minutes suffirent : l’assiette de la directrice. Ils la repérèrent grâce aux paroles des cuisiniers. Laura, plus petite et plus discrète, se hissa dès qu’elle eut le signe de son frère et versa d’abord le contenu du flacon bleu roi dans l’assiette. Enfin, un petit peu, pas trop. Elle revint en dessous et Jasper lui tendit des champignons qui puaient, ils n’étaient pas très frais. Beurk. Elle se pinça le nez et se hissa de nouveau sur ses jambes, jetant le contenu de ses mains dans l’assiette de la directrice. Redescendant, elle dit à son frère :

Laura – C’est fait !

Ils patientèrent et furent reconduits hors des cuisines. Sortant de sous le plateau nappé, un regard malicieux vers la cuisine, ils s’installèrent à leur place habituelle, ni vus, ni connus. Jetant un regard à son frère, Laura dit avec un ton lourd de sous-entendus en souriant :

Laura – Bon appétit !

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Gabriella de Lizeux
Directrice
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MessageSujet: Re: Bon appétit, Madame la Directrice !   Ven 12 Juil - 11:48

Gabriella rattrapa de justesse le petit vase d'une main et le verre de l'autre, puis les reposa sur la petite table. Estelle lui adressa une moue d'excuse, son bébé dans les bras.

- Repose-toi, je m'occupe de ça.

Reprenant le biberon, la directrice alla le laver dans l'évier, en chantonnant presque. Estelle restait déjeuner dans ses appartements plus souvent que de coutume pour s'occuper de son bébé. Un petit garçon vif et plein de santé, au teint rose et frais, les yeux pétillants. Estelle nageait dans le bonheur le plus complet depuis sa naissance, même si une zone d'ombre planait. François Chevreuil, le père de l'enfant, n'avait jamais donné le moindre signe de vie, ne s'était même pas déplacé, que ce soit ici ou à la maternité, pour voir son fils. Il s'en fichait...

Gabriella s'essuya les mains, puis dû laisser Estelle, qui s'était installée avec son fils. Après le déjeuner, elle travaillerait deux heures sur quelques dossiers, ferait la comptabilité pour le prochain mois, puis avait une réunion. Un après-midi bien chargée, somme toute. Elle avait aussi pris la relève d'Estelle le temps de son congé, assurant les cours d'histoire-géographie.

La cloche annonçant le midi sonna. D'ordinaire, Gabriella mangeait toujours au réfectoire avec les professeurs et les élèves. C'était presque devenu un rituel, et elle pouvait aussi surveiller, au cas où il y aurait un problème. Même le vieux prêtre de la chapelle mangeait avec eux. Presque aveugle, sourd comme un pot, il n'entendit même pas le salut qu'elle lui fit en s'asseyant, bien trop occupé, visiblement, à examiner le contenu d'un minuscule livre qui semblait dater du temps de la Grèce Antique.

Les assiettes étaient distribuées, et chacun commençait à manger, les élèves plus bruyants et bavards que jamais. Gabriella n'avait pas très faim, mangeant distraitement alors que son voisin de table agitait son livre, un large sourire aux lèvres.

Prêtre - Ce livre est une réponse, dit-il d'une voix éraillée. Il instruira nos jeunes. Ignoti nulla cupido !

La directrice se contenta d'hocher vaguement la tête. Traduire du latin pendant le déjeuner n'était pas un de ses loisirs favoris. Et puis, elle se sentait bizarre. Elle ne savait pas ce que les cuisiniers avaient mis dans la soupe aujourd'hui, mais c'était proprement infect ! Et il y avait une drôle d'odeur. Elle reposa sa fourchette, nauséeuse. Etranger à tout cela, le prêtre se servit un peu de vin et le leva à la lumière.

Prêtre - In vino veritas !

Elle se leva, abandonnant son repas à moitié mangé. Plus faim. Plus faim du tout même. Elle quitta le réfectoire, tiraillée par un mal de ventre à crier. Sa tête lui tournait... Elle n'avait pas fait dix pas de plus qu'un voile noir s'abattit sous ses yeux et qu'elle s'écroula avant d'avoir atteint l'escalier.

Elle reprit conscience lorsqu'elle sentit une main froide sur sa joue. ouvrant péniblement les yeux, elle distingua avec peine un homme un blouse blanche, penché au-dessus d'elle. Geuh ? Elle était allongée sur un brancard, dans le hall de l'école. Trop perdue pour protester ou paniquer, elle ne bougea pas d'un poil alors qu'on l'emmenait. Mais, et l'école ? Elle eut le temps de voir quelques uns de ses professeurs et des élèves avant que les portes de l'ambulance ne se referment.

Le voyage lui permit de réfléchir quelque peu. Elle s'était évanouie juste après le déjeuner. Empoisonnement ? Intoxication ? Ou simple maladie ? Poussée de fièvre ? Malaise ? En tout cas, inutile d'e faire un drame. Elle voulut se redresser mais on la poussa sur le brancard.

Infirmier - Restez tranquille, madame.

Ils arrivèrent à l'hôpital. Elle retint un soupir, détestant les hôpitaux. Le bruit, les odeurs... Non, très peu pour elle. Et c'était loin d'être fini ! Elle fut confiée entre les mains d'un médecin qu'elle aurait jugé terriblement mignon en d'autres circonstances. Il diagnostiqua une intoxication alimentaire, et elle faillit hurler en s'entendant dire qu'elle en avait pour une semaine entière d'hospitalisation. Non mais... Rah. Voilà qui s'annonçait très gai.

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Ste Famille
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MessageSujet: Re: Bon appétit, Madame la Directrice !   Ven 12 Juil - 12:16

[PNJ Médecin Hector Parasyt]

Dès que sa supérieure eut quitté le coin, Hector laissa tomber les médicaments du laboratoire qu'il triait et ouvrit la fenêtre, s'asseyant sur son rebord, et alluma une cigarette. Ah, enfin ! Ce n'était pas trop. Plus détendu, d'un seul coup, il jeta les cendres dehors, rêvassant. Quel hôpital minable, dans une ville minable. Il n'avait pas eu le poste tant convoité à Paris, et devait se contenter de celui-ci. Avec un salaire bien moins attractif. Tirant une longue taffe, il regarda au loin quelques jeunes jouant au foot. Ah là là, où était passée sa propre jeunesse ? A trente-deux ans, il avait l'impression d'être déjà brisé.

Depuis tout petit, Hector avait parfaitement compris une chose : c'était le fric qui gouvernait le monde. Quand on en avait, on pouvait faire ce qu'on voulait, on avait la vie qu'on désirait. Avide, il n'en avait jamais assez. Et tous les moyens étaient bons pour arrondir ses fins de mois. Il avait touché à pas mal de trafic, et s'adonnait à celui des médicaments en ce moment. Cela rapportait bien. Jetant sa cigarette dehors, il se leva en s'étirant, puis sortit d'un pas vif, son petit matériel en main, après un détour par le laboratoire.

Il venait de recevoir une proposition bizarre mais Ô combien alléchante ! Une jolie prime pour un travail pas pénible. Il gagnera un max de fric juste en en faisant une insémination artificielle à une jeune femme arrivée deux jours plus tôt à l'hôpital. Bizarre, certes, mais s'il y gagnait, quelle importance ? Sifflotant, il entra donc dans la chambre. Le fait que cette femme soit d'ascendance Noble ne le motivait que plus, lui qui détestait ces gens "biens nés" et qui n'avaient rien à faire pour s'en mettre plein les poches.

- Bonjour madame ! Voilà vos médicaments.

Il lui fit avaler ce qu'il lui fallait, puis lui donna ensuite un somnifère, ni vu ni connu. L'effet ne tarda guère... Une fois qu'elle fut endormie, il repoussa les draps et s'occupa de la dame, écartant ses jambes et la déshabillant. Non sans profiter largement de la vue au passage... Hum, ce genre de travail était bien agréable. Quelques manipulations, et hop, la jeune dame était fécondée. Il ramassa son matériel, la recouvra de ses draps, puis se pencha, l'embrassant langoureusement, en profitant sans vergogne.

- A dans neuf mois, la Miss.

Par la suite, il embaucha son pactole, satisfait, et n'ayant aucun remords.
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http://pensionnatstefamille.forumactif.org
Gabriella de Lizeux
Directrice
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MessageSujet: Re: Bon appétit, Madame la Directrice !   Ven 12 Juil - 14:19

Déjà deux jours que Gabriella se morfondait dans son lit d'hôpital. Affaiblie, elle n'en conservait pas moins assez d'énergie pour s'inquiéter pour le Pensionnat. S'inquiéter de ses finances, de son avenir... Elle avait si peur que cette école ferme un jour ! Car cela signifierait des années et des années de travail réduites à néant. Le prestige de l'école volé et piétiné. Plus aucun endroit, plus de refuge pour ces jeunes pourvus de dons. Elle avait peur de cela. Si peur.

Elle regardait le plafond blanc de sa chambre en se mordillant les lèvres. Elle refusait que l'école ferme, peu importe les efforts qu'il faudra consentir pour la maintenir ouverte. Mais le problème était que leur monde, de plus en plus rationnel, déchiré par une immense guerre et menacé par une autre, rejetait de plus en plus ce qui sortait de l'ordinaire. La solution pourrait être de se cacher, faire croire que ces dons n'existaient plus. C'était une idée à creuser.

Elle songeait aux moyens à développer pour cela lorsqu'un docteur entra dans la chambre avec un grand sourire. Encore des médicaments... Vivement qu'elle puisse enfin sortir d'ici. Il la salua, puis lui donna le tout avec verre d'eau. Après qu'elle ait avalé la dernière pilule, elle sentit un curieux engourdissement la gagner. Elle cligna des yeux, voulut parler, mais ses paupières se firent de plus en plus lourdes. Retombant sur son oreiller, elle sombra dans l'inconscience.


Lorsque Gabriella rouvrit les yeux, elle fut complètement désorientée. La pendule indiquait huit heures du matin. Comment avait-il pu dormir tout l'après-midi et toute la nuit ? Elle se redressa avec gémissement, la tête dans le gaz. Et attendit que la sensation d'engourdissement disparaisse. Elle se sentait bizarre... Décidément, l'hôpital n'était pas fait pour elle. Se rallongeant, elle soupira et ferma les yeux.

A la fin de la semaine, elle prit un taxi pour retourner au Pensionnat. Enfin, c'était terminé ! Elle s'en souviendra, de cette petite virée. Elle entra dans son bureau, mais repartit presque aussitôt, incapable de se remettre dès maintenant au travail. Elle s'allongea dans le canapé et ferma les yeux. Quelque chose avait changé, mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Enfin, peu importe.

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